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Approche genre et utilisation des TIC au Mali


By Dafne - Posted on 19 March 2010

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Approche genre et utilisation des TIC au Mali

 

par Assétou Diarra, facilitatrice "Femmes et TIC", Bamako, Mali

 

Introduction et Contexte

 

Le Mali est un pays dont la population est de quatorze millions d’habitants environ qui vivent à 80% en milieu rural dont 54% de femmes selon le dernier recensement du Ministère de l’environnement territorial en avril 2009.

Pourtant malgré ce fort pourcentage de femmes par rapport aux hommes, les femmes sont plus concentrées dans des activités à l’informelle leur apportant des revenus faibles qui les empêchent de subvenir à tous leurs besoins.

Souvent par manque de savoir faire, d’innovation, d’expériences, de moyens ou de temps, les femmes n’arrivent pas rendre rentable leurs activités génératrices de revenus.

Vu que ces femmes concernées vivent en majorité dans les régions rurales ; là où les taux de scolarité des filles  sont les plus bas, les répercutions dans les conditions de vie de ces familles se font ressentir ; ceux qui fait  un gros trou dans l’économie du Mali qui ne profite finalement pas aux maliens mais plutôt à des acteurs privés et étrangers.

 C’est pourquoi de plus en plus de projets  favorisent l’utilisation des nouvelles technologies dans cette conquête de l’épanouissement des femmes surtout en milieu rural. Et pour plus de résultats, l’implication des hommes dans toutes les activités des femmes est indispensable, d’où le développement de cette notion du genre dans les projets.

 

L’approche Genre et TIC

 

Nous avons fait ce constat  de cette approche du genre grâce à nos activités de renforcement de capacité des femmes en outils TIC dans trois régions rurales du Mali (Fana ; Zantiébougou et Koulikoro).

 

En effet, les TIC offrent de nombreuses possibilité et facilité de communication aux femmes et aux hommes avec l’ordinateur ; Internet (surtout les e-mails, les logiciels bureautique, etc.), la télévision ou la radio, et plus de proximité avec la clientèle (avec le téléphone portable, etc).

 

Cependant les hommes laissent rarement leurs femmes participées à une formation sans pour autant y assister à une partie ou à la totalité de la formation. Selon eux « il n’est pas bon de laisser sa femme seule assister à une activité car on pourrait lui donné des idées qui pourrait la faire révolté » ; nous a témoigné monsieur Kamissoko lors d’une formation à Zantiébougou.

 

Par ailleurs, le choix des applications TIC par rapports aux contraintes sociales  des maliennes est très important pour la réussite de tels projets.

Car, on ne peut pas par exemple demander à une femme non scolarisée et vivant dans un village à des centaines de kilomètre d’un télécentre, de faire régulièrement  des recherches sur la toile mondiale. Elle vous dirait de la laissée tranquille, même s’il s’agit de recherches pouvant améliorer la qualité de ses produits de petits commerce. Par contre si on lui donne un poste radio, elle l’écoutera toutes les informations qui la sont utiles,  même quand elle fait ses tâches domestiques.

Donc  il faut savoir faire un choix des applications TIC en fonction des contraintes sociales, culturelles et  aussi économiques des femmes.

Ces choix se sont portés en fonction des contraintes sociales culturelles et économiques des maliennes surtout celle vivant en milieu rural. En effet, avec leur faible revenu, les femmes n’ont souvent ni les moyens ni le niveau d’alphabétisation nécessaire afin de prétendre à une formation professionnelle. En plus, les contraintes sociales les empêchent de disposer du temps dont elles ont besoins à cause des tâches ménagères.

 

Alors qu’en utilisant la radio, elles peuvent suivre l’expérience d’une autre femme, s’en inspirer et en même temps continuer avec ses occupations. Et ce principe s’applique aussi au téléphone portable qui permet aux femmes de rechercher des informations et de partager leurs expériences sur leurs activités génératrices de revenus à moindre coût.

 

Les barrières sociales, culturelles et économiques au des femmes au Mali.

 

Comme stipuler ci-dessus, l’un des contraintes en milieu rural est la manque de confiance dont son victime les femmes vis-à-vis de leur mari. Ces derniers veulent être impliqué à tous les niveaux et si on les exclut, la participation des femmes ne sera pas exclusive.

 

Autres contraintes sociales, les maliennes sont souvent contraintes à la soumission et au silence, même les femmes vivant en milieu urbain. Ainsi elles ont du mal à prendre des décisions et à donner leurs avis par rapport à leur propre famille. Suivant les réalités maliennes, une bonne femme est une femme soumisse et qui ne se plaint pas, qu’importe la situation.

 

Il y a aussi les aspects familiales qui empêche les femmes de disposer du temps dont elles ont besoins pour leur propre formation. Les tâches ménagères et l’éducation des enfants.

 

L’accès très difficile au télécentre du aux quantités insuffisantes de télécentre. La connectivité souvent insuffisante, voir absentes dans certaines régions ou villages éloignées.

Quelques fois aussi les femmes sont victimes de violences dans leur foyer et famille. Cette violence taboue par la société, ne peut être révélé à qui que ça soit. C’est pourquoi certaine femme ne parvienne souvent pas à s’impliquer et à s’épanouir.

 

D’autres obstacles spécifiques figurent la non-alphabétisation d’une majeure partie des femmes,

 

Le manque de moyens des femmes est aussi l’une des contraintes économiques qui empêche les femmes de s’approprier ces outils TIC.

 

Conclusion

 

Ces dernières années, les conséquences de la situation économique mondiale ont entraîné l’augmentation des charges financières des foyers et ont rendu de plus en plus difficile l’accès aux besoins de première nécessité (alimentation, santé, éducation, logement, etc.…).

 Pour faire face à cette situation et répondre aux besoins de leur famille, les femmes maliennes ont multiplié les petites activités rémunératrices (principalement des activités dans les domaines agricole, d’élevage et du commerce informelle) leur permettant de mieux s’insérer dans tous les secteurs de la vie économique et sociale du pays.

 

Cependant cette contribution de la femme dans l’économie nationale n’est pas reconnue et valorisée à juste titre. Pourtant, au Mali, la promotion de la femme représente un énorme potentiel d’initiative et de dynamisme pour la croissance économique et sociale. 

C’est pourquoi l’utilisation des TIC enfin de valoriser ces activités des femmes à travers la formation ou la sensibilisation doit être une priorité  pour tous les acteurs étatiques ou pas.

 

 

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